L’historique

 

 

Selon les statuts, plusieurs fois revus et corrigés depuis leur origine, pour être reçu membre de l’Abbaye de Lausanne, qui portait à l’origine le nom de « Société militaire de Lausanne », il faut être citoyen ou citoyenne suisse et être présenté au Conseil par deux membres de la société. Les demandes d’admission, après examen du conseil peuvent être refusées « si le candidat ou la candidate ne sont pas de bonne réputation ». C’est le 27 mars 1979, à l’assemblée générale de printemps, après plusieurs tentatives infructueuses dès 1975, que l’égalité des sexes a été admise au sein de la confrérie à une évidente majorité. Mais il avait fallu, préalablement, présenter les choses sous leur angle réel, le statut de la femme ayant rapidement évolué à la suite du droit de vote qui lui fit accorder d’une part et la place, plus en vue que nos institutions, lui offrait dans la vie active. Les propositions d’admission des étrangers ont échoué… La finance d’entrée dans la société est de Fr. 20.- pour les nouveaux confrères, Fr. 10.- pour les fils ou les filles de confrères. Une cotisation annuellement fixée à Fr. 20.-, sans distinction de sexe. La bannière, dans une étoffe de soie, est de couleur vert foncé. Sur l’une des faces, nous trouvons l’inscription, sous forme de devise : Union-Amitié-Pour être forts soyons unis. Ceci démontre bien qu’à l’époque on mesurait déjà la valeur des mots et leur signification ; dans le monde actuel où nous vivons, les instabilités de pouvoir, les crimes et tout le cortège des ignominies que nous traversons renforcent le sens fondamental de cette belle devise. L’autre face du drapeau précise Abbaye de Lausanne 1844-1944 et les armoiries de la ville de Lausanne, finement brodées, surmontées d’une couronne et de la partie supérieure d’une cible, le tout maintenu par les deux lions traditionnels des armoiries de la ville, richement aurifiés, en font une pièce de grande valeur et d’une beauté indiscutable.

 Les 122 membres de la confrérie n’ont pas d’uniforme ou une exigence particulière à respecter dans la tenue vestimentaire lors des manifestations. Seul, le port d’un cordon rouge, vert et blanc, ou du nouvel insigne au nom de la société, est obligatoire pour la participation au tir, aux soirées et rassemblements éventuels fixées par le Conseil. Un tir à 300 mètres, sur cible à 100 points, est organisé chaque année. Deux classements sont institués : MQ et FA (dame prévu pour autant que 10 consœurs y participent). La royauté (2 rois et 2 vice-rois pour chaque classement) est déterminée par l’addition des rangs aux cibles Abbaye, Société et Lausanne. Répartition au 100% des tireurs à la cible Société, 70% à la cible Lausanne, 60% à la cible Abbaye ; 8 challenges ; distinctions selon barème SSC.

La Société militaire de Lausanne est une résurgence de la plus ancienne abbaye lausannoise, l’Abbaye des Nobles Fusiliers qui remonte à 1654 et qui a disparu avant la Révolution de 1848. Ce fait est confirmé par le procès-verbal d’une assemblée générale de l’Abbaye de Lausanne qui relève que « le projet de la première bannière de la société sera inspiré du drapeau de l’Abbaye des Fusiliers de Lausanne ». Par d’autres manuscrits, dont la calligraphie laisse rêveur, nous devons dire que notre société a un glorieux passé. Elle a connu des moments qu’il est difficile de retracer en quelques lignes. Et nous regrettons pour le moins qu’à une certaine époque, l’un ou l’autre des responsables du Conseil n’ait pas voué plus d’intérêt à l’historique de cette belle société. Au siècle passé, et surtout au début de celui-ci, l’effectif des confrères a eu passé 350.

Des fêtes de tir avec banquets ont connu un succès sans précédent. Quelques 250 tireurs ont parfois participé au tirage. A l’époque, compte tenu de la précision aléatoire de certaines armes, les résultats étaient déjà méritoires. Dans plusieurs fêtes de tir, la société s’est distinguée en se classant en tête du palmarès. Actuellement encore, cette confrérie compte de fins guidons, des matcheurs, des gens animés d’un esprit de saine compétition, des convaincus qu’il sera de plus en plus difficile de remplacer. Nous pensons notamment à nos vétérans qui formaient l’ossature de la société «  de leur société »comme bien souvent, ils la nomment. « les Frédy Carrad, René Aubert, Adrien Blanc, Albert Chatelan, Louis Conus, Aimé Liaudat, Freddy Magnenat, Jean-Paul Martin, Jean-Pierre Michoud, André Monney, Gilbert Piguet, André Ramseyer, Jacques Reverchon, Marcel Rod, Robert Nicolet, Paul Golay, Adolphe Gonin, Oscar Léderrey, René Vannotti, Maurice Delacour, abbé-président jusqu’en 1995.

Le 100ème anniversaire de l’Abbaye de Lausanne s’est déroulé durant la guerre de 1939-1945 sans grands éclats, c’est que l’ambiance n’y était pas. Des uns sont venus en gris-vert depuis nos frontières pour participer à une fête qui fut « tristounette »…

En 1994, l’on fêta avec ses 184 membres et comme il se doit le 150ème anniversaire sous la houlette d’un comité d’organisation composé comme Président d’organisation de François Monnet, Vice-président Maurice Delacour (Abbé-président en exercice), Alfred Tissot, Lieutenant d’Abbé, Serge Schor, Trésorier, Dominique Monnet, Secrétaire, Liliane Tissot, Bureautique, Jean-Paul Fuchs, Infrastructures, Georges Zürcher et Claude Aebischer, responsables des tirs.

Les tirs se sont déroulés au stand de Vernand avec 119 tireurs. Le 1er classé étant Georges Rollier et comme étant hors concours, la place de Roi du tir est revenu à Gilbert Piguet.

Dimanche 1er octobre 1994, une nonantaine de tireurs accompagnés de leurs conjointes, amis et amies, se sont retrouvés dans la grande salle de l’Abbaye de Montheron sous un ciel radieux et comme devise «Union-Amitié, pour être forts, soyons unis ! » et c’est sous le signe de la convivialité, échangeant expériences et anecdotes de stand de tir à l’heure de l’apéro. Depuis sa réapparition en 1844, l’Abbaye de Lausanne n’a plus connu d’interruption, sa fréquentation a été en constante fluctuation. Des 401 membres de 1923 pour remonter à 184 membres en 1994. Le plus ancien tireur présent étant Jean Graf, âgé de 90 ans. Quant aux dames, 6 d’entre-elles ont participé à ces joutes.  

Depuis 1995, sous la nouvelle présidence d’Alfred Tissot, l’Abbaye de Lausanne connaît comme toute société actuelle une baisse considérable d’effectif. En 2012, nous sommes encore 70 membres en activité qui la font perdurer et fait suivre gentiment son bout de chemin en effectuant toujours son tir annuel et participant aux manifestations extérieures, tels que le nouveau Tir d’Aï en 2008. Comme les cibles n’étant pas adaptées sur la distance à 300 m (trop petite), le nombre de 6 distinctions avaient été délivrées. Le comité a revu sa copie et par la suite tous les tireurs ayant obtenus plus de 30 points ont reçu une distinction. 785 tireurs ayant pris part à cette magnifique compétition.

En 2009, les cibles ayant repris une grandeur normale pour la distance, les résultats sont redevenus plus accessibles à la distinction et 730 tireurs avaient fait le déplacement. Une année merveilleuse pour l’Abbaye de Lausanne car lors du classement, une équipe composée de Claude Aebischer, Francis Rossi, Denis Liaudat, Jean-Pierre Bezençon, Sandrine Liaudat et Alfred Tissot s’est classé au 1er rang avec une moyenne de 360 pts sur 119 groupes. Rebelote pour 2010, une équipe s’est classée au 3ème rang sur 115 groupes.

En 2012, l’Abbaye de Lausanne combine son tir annuel avec le 1er Grand tir de Vernand. Elle espère vivre encore longtemps avec sa relève que nous encourageons à poursuivre dans ce magnifique sport qu’est le tir, lequel demande une grande attention et une concentration sans faille.

Afin que l’historique de l’Abbaye de Lausanne perdure dans le temps, je demande à celui ou celle qui reprendra les rennes après moi de continuer à retracer les années qui passent et ceci pour nos enfants.

 

23 janvier 2012                                                                                 Abbé-Président : Alfred Tissot